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Pratiques

Dominique Clergue
Le 25 août 2017
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Le tai chi chuan

太極拳

tài jí quán

Le sage commence par des choses aisées, lorsqu'il en médite de difficiles;
par de petites choses, lorsqu'il en projette de grandes.

Le tàijíquán est un art martial chinois, dont l’origine  remonte au 13e siècle, à la dynastie Song (宋朝, Sòng cháo ). Il y a cinq grandes écoles ou styles, de tàijíquán , chacun nommé par le nom de la famille fondatrice du style:  Chén , Yáng , Wǔ (Hao), Wú, Sun.

Chaque style possède une technique caractéristique qui diffère des autres dans les postures retenues, l'ordre dans lequel elles apparaissent dans les formes, la vitesse à laquelle les mouvements sont exécutés, le niveau de difficulté technique. Tous les styles mettent l'accent sur la relaxation, la concentration mentale et la coordination.

L'étude

La forme étudiée

Une forme ( 套路  tàolù) désigne dans les arts martiaux une séquence de techniques réalisée dans le vide, avec ou sans armes, dont le déroulement reproduit un schéma de combat prédéterminé contre un ou plusieurs adversaires imaginaires. Cet enchaînement gestuel peut-être exécuté en solo ou avec un partenaire simulant l’opposition.

L'enchaînement dans le tàijíquán  est une suite de mouvements lents et coordonnés.  Le travail technique porte sur des principes de structure corporelle précis et l’énergétique sur une relaxation subtile, profonde et puissante. La pratique du tàijíquán  est source d’équilibre pour le corps et l’esprit. Elle nous reconnecte à notre énergie vitale, maîtresse du mouvement.

La forme étudiée est issue du style yang, il s'agit des 37 pas du professeur  Cheng Man Ching qui se caractérise par sa douceur et son intériorité.

Le maniement des armes

La pratique du tàijíquán  inclut le maniement des armes : épée, bâton, éventail, sabre, chacune correspondant à un élément de la cosmologie chinoise traditionnelle : eau, bois, feu, métal. Tout comme la pratique à mains nues, il y a des enchaînements de mouvements spécifiques, formes, et un travail avec un partenaire, escrime et bâton. L’arme est un medium pour cultiver, et par là même clarifier, notre maîtrise de la circulation du souffle.

杨式 Yáng shì

Yang Chengfu interprétant le simple fouet

Yang Luchan (1799-1872) est le créateur du style (shì)  Yáng , qui est devenu le style le plus populaire en Occident.  Un de ses fils, Yang Jianhou (1839-1917),  transmit son art entre autres à  Yang Chengfu (1883-1935) qui diffusa le style et institua la pratique lente et relâchée qui caractérise le style Yang. 

鄭曼青 Zhèng Mànqīng (1902-1975)

Photographie du professeur Cheng Man Ching par Ken Van Sickle

Cheng Man Ching (鄭曼青,  Zhèng Mànqīng), né le 29 juillet 1901 à Yongjia en Chine et mort le 26 mars 1975 à Taïwan, fut un disciple de Yang Chengfu.

Le style Zhèng  se caractérise par une nouvelle étape vers l’intériorisation. Cette quête de la douceur, de l’effacement est une mise en œuvre du principe taoïste du 無爲  wúwéi qui  n'est pas une attitude d'inaction ou de passivité, mais le fait d'agir en conformité avec le mouvement de la nature.. Cette mise en œuvre lente et progressive commence avec le premier enseignement fondamental de Zhèng :  Investis dans la perte. Il ne s’agit absolument pas d’abandonner, ni de gommer les habiletés martiales, mais d’amoindrir le plus possible leur manifestation extérieure. 

Ainsi, le tàijíquán que Zhèng  a appris de Yang, aux mouvements amples et ouverts, aux poignets fléchis, à la didactique martiale, a progressivement laissé place à un tàijíquán épuré, plus effacé. La forme suit une voie plus naturelle, plus subtile, plus fluide, afin de permettre une circulation sans entrave du qi. Par ailleurs, le travail du tuishou que Zhèng   a développé repose beaucoup plus sur une recherche des principes que sur l’application de méthodes. C’est en ce sens que l’on peut considérer le tàijíquán que Zheng a légué comme une voie taoïste.

Un art martial

武術 wǔshù désigne les arts martiaux.  

  • 武 wǔ représente le radical stopper sous une hallebarde,  le pictogramme a le sens d'un talisman protecteur à l'entrée de la maison. Il empêche voleur et démon de pénétrer et de porter atteinte aux biens ou à l'intégrité physique des habitants. L'idéogramme a pris un sens plus général, il désigne ce qui a trait à la guerre, au combat. L'adjectif français « martial » est une traduction tout à fait appropriée. 
  • 術 shù représente les savoirs-faire, les connaissances multiples. Ici, le terme « art » est à comprendre au sens ancien : celui, l'artisan, qui par un apprentissage long et rigoureux possède un métier.

中国功夫 zhōngguó gōngfū désigne les arts martiaux chinois.

 功夫 gōngfu  a été introduit en Europe dans les années 1970 pour désigner les films chinois d'arts martiaux. 

  •  功 gōng  désigne la maîtrise, le perfectionnement, la possession d'un métier ou une action en laquelle beaucoup de temps a été consacré. Le terme est à rapprocher de la notion d'artisan , de l'homme de métier qui par un apprentissage auprès d'un maître acquérait cultures, techniques et savoir-faire. 
  •  夫 fu  désigne les techniques en tant que contenu, soit l'énergie qui a été investie dans l'action de cette technique. 

Le gōngfu  ce ne sont donc pas simplement des techniques Mais la richesse et l'importance de la culture qui les nourrissent. C'est 修心 xiū xīn, affiner, raffiner, cultiver le cœur.  Xiū xīn, c'est une aide insoupçonnée, un appui sans limite, c'est la condition d'une direction juste de la transmission. Il faut savoir où l'on veut aller. Ce qui est transmis, c'est une culture, c'est une manière de vivre son quotidien, de concevoir l'Homme entre Ciel et Terre. 

Un art martial interne

Le tàijíquán est un art martial chinois interne, au même titre que le 形意拳 xíng yì quán et le 八卦掌 bāguà zhǎng,, il  y est question de l’art de l’attention et de la claire sérénité.

Le travail avec un partenaire fait naturellement partie de l’apprentissage : 推手  tuī shǒu, 大捋 dà lǚ et 散手 sǎnshǒu;. Il développe l’écoute sensitive fine et l’enracinement réel. La pratique avec un partenaire cultive l’art de la relation.

Les arts martiaux internes, également appelés arts du poing interne ou 内家拳 nèijiā quán,  sont attachés au courant taoïste, ils sont basés sur le développement du souffle, le 氣 qì.

Une pratique taoïste 

Entrer dans la voie du Tao, c'est réunir le corps et l'esprit. On réveille l'intelligence de l'être humain, afin de retrouver le potentiel qui est en nous. On doit être intuitif, pressentir les choses, maîtriser ses émotions. Entrer dans la voie du Tao, c'est réunir le ciel et l'homme, comprendre la loi de l’univers.

Certains savent spontanément comment au travers d'une pratique, d'une chose, d'un acte, ouvrir une autre fenêtre. Et quand les autres regardent à travers cette fenêtre, ils trouvent alors l'espace si beau, si merveilleux, qu'ils sont comme attirés. Ils ressentent comme une sorte de désir nouveau dans leur coeur.  清静 Qīngjìng, c'est entrer dans le calme, nettoyer le cœur de ses émotions superflues

言传身教心收

les paroles transmettent, le corps enseigne, le coeur reçoit 

 

 

 

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